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LA
CRISE ET VOUS, LA CRISE ET NOUS
Le climat
des affaires s’est profondément modifié depuis septembre 2008. Chacun de nos
interlocuteurs en est affecté, ressent la crise et la vit de façon
différente. Elle s’est imposée soit brutalement soit insidieusement avec
des niveaux d’intensité différents mais aujourd’hui elle impose sa marque
dans tous les propos tenus, qu’ils soient personnels, organisationnels ou
institutionnels.
Nous
n’avons pas ici pour ambition d’ajouter un article sur les raisons,
conséquences ou solutions à apporter à ce que chacun d’entre nous vit
professionnellement ou personnellement. Comme la plupart de nos
interlocuteurs, nous anticipons que cette crise aura de multiples visages,
qu’elle sera longue et qu’elle nous touchera en profondeur. Elle influence
déjà nos décisions et nos actions et quelles que soient les formes qu’elle
prendra, elle modifiera durablement nos manières de vivre, nos relations
avec nos collaborateurs, clients, fournisseurs, et partenaires, voir le
cœur de nos activités.
Pour
autant notre position de consultants en Management et de chefs d’entreprise
nous offre un double regard sur les comportements qu’elle induit à la fois
chez nous-mêmes, et nos clients : individus et organisations.
Notre
position de tiers et notre écoute des signaux faibles nous permettent
d’accueillir sans jugement les réflexions les plus personnelles sur les effets
de la crise et sur la manière d’y faire face.
Mais un
autre regard nous est offert, parfois plus subtile à restituer, nous
parlons de notre rôle d’échantillon témoin. Baignés dans
l’environnement de nos clients parce que nous les accompagnons dans des
épisodes critiques de leur vie quotidienne, nous vivons en nous-mêmes les
ressentis avec lesquels nos équipes clientes sont aux prises -inquiétude,
découragement, sentiment d’impuissance, voir déni des obstacles qui se font
jour, ou au contraire excitation, suractivité et créativité
renforcée.
Ce double
regard, notre « intimité distanciée » avec les dirigeants, notre
sensibilité sans doute plus affutée, la liberté d’expression que permet
notre extériorité, nous autorisent alors à nous faire d’abord l’écho de ce
qui se vit puis d’élaborer avec nos interlocuteurs sur les meilleures
solutions pour y faire face.
Ce double
vécu nous encourage à partager l’analyse de quelques réactions types
face à la crise avec nos lecteurs, clients, possibles futurs clients,
amis, confrères et autres professionnels de notre réseau avec qui nous
choisissons de cultiver un lien. Ce lien se construit le plus souvent sur
une vision commune alliant recherche de performance et respect de valeurs
fortes, personnelles et professionnelles.
Observateurs
de comportements face à la crise, il nous semble que ceux-ci sont
influencés par deux facteurs : le regard sur la crise et le niveau d’estime
de soi, et nous les avons déclinés dans une matrice pour en faciliter la
lecture.
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6 COMPORTEMENTS
PARFOIS VÉCUS SUCCESSIVEMENT
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Je vois la crise
affecter fortement mon activité
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Je ne vois pas
d’impact immédiat de la crise sur mon activité
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Je vois la crise
transformer notre société
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JE
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JE
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NOUS
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ESTIME DE SOI FRAGILE
SOUS STRESS
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L’action risquant de
me confronter à un échec, je suis envahi par une sorte de PASSIVITE qui
fait reporter le combat à plus tard
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Tant que je me sens
protégé j’évite le changement qui ne peut que m’apporter de l’inconfort
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J’hésite entre passivité
et activisme, je réagis à chaque soubresaut, positif ou négatif
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PASSIVITE
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DENI
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CONFUSION
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ESTIME DE SOI SOLIDE
EN TOUTES CIRCONSTANCE
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Je fais preuve
d’ACTIVISME pour tenter des solutions qui me font oublier ma peur de la
vague de fond
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Je continue comme
avant, tout est une question de volonté, je ne change rien
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Avant d’agir, je mets
à profit ma capacité à SENTIR ce qui se passe et à IMAGINER des solutions
nouvelles
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ACTIVISME
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EVITEMENT
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SENTIR-IMAGINER
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Quelques
commentaires :
La passivité
nous fait renoncer à toute initiative dans une logique « De toutes façons
personne n’achète rien, rien n’a grâce aux yeux de nos clients,
partenaires, autant préserver son énergie pour des jours meilleurs ». Cette
réaction est compréhensible, explicable et parfois même une étape
nécessaire avant de rebondir. En revanche, si elle perdure, c’est comme on
s’en doute la plus dangereuse car elle mène à une paralysie, une sorte de
léthargie progressive et une installation dans le déni. La mort s’y niche
dans l’attente de sa proie. Face à ce comportement il est urgent de réagir.
Il est d’autant plus dangereux que c’est le repli sur soi qui domine et
aucune demande d’aide extérieure n’émerge. Seule la lucidité et
l’initiative d’un dirigeant peut permettre de s’autoriser à faire appel à
un tiers que nous sommes pour faciliter une prise de conscience de
cet état assez tôt et accompagner la recherche d’énergie qui fera passer
rapidement dans l’un des autres carrés de notre matrice.
L’évitement
se caractérise par la résistance totale au changement. J’agis mais comme
hier puisque jusque là ça va ! Malheureusement on sait que la crise réserve
des surprises et va nous imposer de regarder le monde de façon durablement
différente. Les déconvenues nous obligeront un jour où l’autre à constater
que les certitudes d’hier n’ont plus cours. Faut-il attendre que ces
réalités s’imposent pour les revisiter ? Cela dépend du niveau de
protection dont nous bénéficions, mais dans tous les cas il faut rapidement
prendre conscience que nous mangeons notre pain blanc et qu’il est peu
probable qu’il nous nourrisse jusqu’à 2011.
Dans les
deux cas ci-dessus, il est difficile de se battre seul car souvent l’ennemi
c’est nous-mêmes.
L’activisme a ce mérite qu’il donne une image
de courage, d’énergie, et nous apparente au héros qui brave la peur du
danger en l’affrontant. L’action n’est évidemment pas critiquable en soi.
Si le temps de la réflexion est suffisant l’action sera toujours plus
constructive que la passivité, surtout assortie du droit à l’erreur. Je
cite souvent le Général Hoche dans mes formations Management : « La
réflexion prépare, la foudre exécute ». La particularité de l’activiste,
par comparaison avec l’actif, c’est qu’il accorde une prime au mouvement
quelque en soit la direction. L’action elle, ne se juge qu’au résultat
obtenu. Une bonne canalisation de l’énergie disponible, et les coachs sont
rôdés à ce type d’intervention, permet assez rapidement à l’activiste de
devenir actif. Il est souvent plus facile de réorienter les ardeurs que de
faire sortir de la léthargie celui qui n’a pas pris conscience assez tôt et
s’y est trouvé enfermé.
Enfin le
comportement idéal de sérénité installe la vigilance que procure la crise
en une capacité renforcée à interroger tous les capteurs à sa disposition
pour ressentir, analyser ces ressentis, puis imaginer un
avenir différent sans même le comparer au passé. Dans cet état le
changement est permanent puisqu’il est action face au présent et non
comparaison rigide et emprisonnante entre hier et demain.
On
pourrait ajouter à cette analyse en quatre comportements un paramètre lié à
la culture nationale. En matière de vitesse de réaction par exemple, les
sociétés anglo-saxonnes sont aussi promptes à tailler brutalement dans le
vif des coûts, chacun devant faire preuve d’exemplarité dans sa capacité à
traquer « le superflu », qu’à relancer les investissements au moindre signe
de reprise. Dans nos pays plus latins notre promptitude est de loin
différente. Rationnels et redoutablement efficaces dans les projets de
coupes sombres et la multiplication des procédures de contrôle, nous sommes
quelquefois aussi lents à les mettre en place que lents à faire redémarrer
les investissements quand les opportunités se présentent à nouveau.
Imaginer,
c’est ce que nous, les consultants associés à DEXTEAM SB, nous nous
efforçons de faire tous les jours, pour nous-mêmes et pour nos
interlocuteurs aux problématiques si variées, qu’ils font le plaisir de
notre métier. Vous en trouverez les premiers fruits dans les nouvelles
offres que nous mettrons en ligne sur notre site le 1er juillet prochain à
l’adresse www.dexteamsb.com.
N’hésitez
pas vous-même à nous solliciter pour renforcer dans vos organisations cet
état d’ouverture qui impose ses règles mais procure un grand sentiment de
vie.
Sylvie
Blain, Christine Bonnal, Alain Gherson
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